Inle maison

Le lac Inle : Beauté et décadence

En quittant Mandalay je me retrouve donc dans la situation que je voulais vraiment éviter : prendre un bus de nuit. Comme prévu : départ de Mandalay à 19h30. Le bus part à l’heure, avec la clim’ et la musique trop fortes évidement. Dans le bus je suis à côté d’une coréenne qui a vécu la même mésaventure, venant du même hôtel.

Après quelques kilomètres, constatant que le bus est à moitié vide je m’autorise à prendre une place seul plus au fond afin de disposer de plus d’espace. J’ai prévu une petite veste et les couvertures sont fournies. Le problème de la clim’ est donc réglé, reste celui de la musique. Ayant perdu mes boules quiès je me résigne. Et par miracle, vers 22 ou 23 heures ils arrêtent le son. On pourrait donc supposer que j’ai passé une bonne nuit, ou tout au moins une nuit. C’est oublier que les routes de Birmanie ne sont que cailloux et poussières, les conducteurs se croient en grand prix moto et je dois me réveiller moi même à mon arrêt qui n’est pas le dernier, sans moyen de connaitre l’heure d’arrivée à l’avance. Typiquement, la voyageuse coréenne dont je vous parlais a raté son arrêt vers 3h30 et s’est fait descendre du bus en même temps que moi (vers 4 heures) quand le contrôleur l’a remarqué.

Nyaung Shwe

Bref, les aléas du voyages, ça fait partie du plaisir. Donc arrivant à Nyaung Shwe (la « ville » à proximité du lac Inle) à quatre heures du mat’ je me saisis de mon téléphone avec google maps et me met à marcher. Je dois vous dire que c’était une expérience tout à fait flippante. Traverser une ville inconnue, de nuit, pas éclairée c’est déjà potentiellement angoissant. Ajoutez à cela les nombreux chiens errants, plus agressifs et bruyants que dans la journée et les vaches ou zébus sur le bas-côté qu’on ne reconnait que quand ils commencent à bouger parce qu’on est arrivé trop près. Tout ça pour dire qu’après une vingtaine de minutes de marche j’étais bien content d’arriver à mon hôtel.

Je me vois accorder une chambre early check-in dénuée de climatisation mais au modique prix de zéro. Ce qui semble être une affaire. Et je m’endors donc immédiatement. Cependant la chaleur ne m’accorde qu’un mauvais sommeil. Je passerais ainsi la majeure partie de la journée à récupérer après avoir obtenu mon lit climatisé vers midi.

Nyaung shwe rue

Le jour suivant c’est travail, je bloque du temps pour bloguer et faire un peu de dév, lire des articles. Eh oui, quand on passe plusieurs mois en voyage il faut savoir dire stop au tourisme total et revenir à des activités plus classiques si on en a envie. Enfin je ne me suis quand même pas totalement coupé de la réalité dans laquelle je suis plongée. J’ai eu l’occasion de faire quelques rencontres dans l’hôtel et de visiter un peu les restaurants alentours au cours de ces deux jours.

Song of travel Nyaung shwe monopoly

Le lac Inle

Bon bon bon, il faut quand même y venir, le lac Inle est hyper connu. Une simple recherche d’images sur le web vous amènera quelques photos des pêcheurs dans leur pose symbolique. Pour les voir, ce n’est pas compliqué : réservez une journée de bateau en groupe avec départ au aurores, visite les lieux les plus touristiques dont un certain nombre de « magasins » et payez un tip quand vous les croisez et qu’ils prennent la pause pour votre photo iconique. Vous l’aurez deviné, pas exactement ma tasse de thé. Et comme mon compagnon de voyage Peter arrive ce matin à mon hôtel depuis sa destination précédente, nous décidons de reprendre les bonnes habitudes et partons explorer la région en vélo.Inle chapeau

Inle faisant tout de même 22 sur 10 km (de route merdique avec des vélos de ville en moyen état soit dit en passant). L’idée est de commencer le tour par l’ouest puis trouver un bateau disposé à nous faire traverser pour enfin remonter par l’est. Avec un petit arrêt pour profiter du coucher de soleil.

Inle herbe

Le petit tour de vélo se passe bien, les paysages sont agréables, quoi que toujours ostensiblement pollués par des sacs et bouteilles plastiques. Comme partout au Myanmar d’ailleurs. J’ai discuté un peu de ce sujet avec d’autres voyageurs et selon certain, le problème ne serait pas spécifique au Myanmar mais plutôt global en Asie du Sud-Est. Je ne l’ai pourtant pas vraiment remarqué en Thaïlande. Peut-être par faute d’attention ou parce que je n’ai pas visité de sites naturels. En tout cas il est clair que les gens ne sont pas conscients du problème et que les gouvernements de font pas assez d’efforts d’éducation et de collecte. En tant que touriste, nous devons absolument montrer l’exemple et ne pas copier les mauvaises habitudes des locaux.

Inle bateaux

En tout cas le plan vélo s’est déroulé tout à fait comme prévu. Après quelques kilomètres parcourus on arrive au premier embarcadère et on se voit immédiatement proposer le tarif de 10000 kyats (soit 6€50). Soit le tarif conseillé par notre hôtel. Mais nous avions vu sur internet que le tarif est plutôt de 8000. Nous refusons et continuons notre chemin. Et pas plus loin que deux mètres parcourus, le solliciteur nous rappelle en proposant 6000. Nous refusons en indiquant vouloir visiter un peu plus le village. Et évidement, il enfourche sa mobylette et nous suit. De prime abord ça peut paraitre inquiétant, mais ce n’est pas la première fois que ce genre de chose nous arrive en Birmanie. Je pense que les birmans n’ont simplement aucune notion de la peur qu’il peuvent induire en suivant les gens comme ça et souhaitent simplement s’assurer un commerce « juteux » en ne perdant pas de vue les clients potentiels.

Inle champs

Après un petit tour du village donc, nous finissons par accepter et profitons pleinement de la traversée pour admirer les champs flottants (de tomates principalement) et les montagnes environnantes.Inle maison flottante

Une fois de l’autre côté, l’embarcadère est à l’extrémité d’un pont un peu comparable au Ubein, qui semble fréquenté par quelques couples des curieux et des habitués faisant tourner leurs bars ou restaurants. C’est aussi l’occasion d’observer le curieux mouvement effectué pour déplacer les bateaux de manière traditionnelle dans la région. Tout les bateaux que nous avions observé auparavant étant malheureusement à moteur.

Le coucher de soleil

Après cela, un bon coup de pédale et nous voilà arrivés au Saint-Graal. Une exploitation de vignes doublé de son appareil de transformation et son site d’accueil. A nous une petite dégustation de vins.

Le domaine offre une vue superbe pour profiter des derniers rayons du soleil qui auront malheureusement été gâchés par les nuages. Les quatre vins proposés à la dégustation ne sont clairement pas géniaux. Mais afin de se poser un peu plus longtemps et du bon côté, on commande quelques verres supplémentaires et Peter comme moi trouvons notre bonheur.

Inle sunset

C’est donc un peu joyeux que nous reprenons nos vélos pour descendre la colline et nous diriger vers l’hôtel.

Nous retrouvons ensuite deux voyageuses pour nous rendre dans le restaurant le plus célèbre de Nyaung Shwe. Il s’agit d’un petit bouiboui offrant une nourriture indienne au top du top, dont le serveur est un petit bonhomme fan d’Eminem, excessivement drôle et sympathique. Je le sais parce que j’y ai mangé l’avant-veille. Le lieu est donc le mieux côté du coin sur Tripadvisor et les quatre tables sont souvent pleines, c’est pourquoi il vaut parfois mieux réserver. De fait, lorsque nous arrivons, le restaurant est complètement plein, sauf une table, réservée. Et on se voit refuser l’entrée. Enfin pour deux secondes. Le temps nécessaire pour que le serveur me reconnaisse. Un client qui revient, c’est VIP et on obtient donc le traitement VIP : une table en plus est dressée pour nous dans la pièce attenante. Alors le service est long, mais la qualité est au rendez-vous. Et franchement, attendre une heure son repas ce n’est pas la fin du monde quand on est en voyage, en bonne compagnie, et qu’Eminem met l’ambiance.

Inle Eminem

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *