PIVX: Proof of Stake mais pas seulement.

La dernière fois qu’on a parlé de cryptomonnaies, c’était pour discuter le système de Proof of Work (PoW) et ses risques éventuels. Si vous avez bonne mémoire, vous savez qu’il existe des alternatives, parmi lesquelles le Proof of Stake (PoS). Je vais vous en parler aujourd’hui, en prenant un exemple qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit de PIVX (Private Instant Verified transaXions), une cryptomonnaie alternative à laquelle j’ai un peu contribué.

Mes contributions

J’ai commencé à m’intéresser à PIVX en août dernier, au détour d’une session de lecture sur reddit. Avec le temps je me suis plongé dans sa communauté et étant intéressé, j’ai contribué au code open source. Pour les geeks, vous pourrez voir mes contributions ici.

Une des choses passionnantes avec les cryptomonnaies en général et qui pour moi a particulièrement résonné avec PIVX est l’aspect communauté. Les gens se regroupent autour d’une technologie, d’idées et échangent. Tout cela se passe évidement sur internet (discord principalement), mais parfois on se rencontre. Ça a d’ailleurs été le cas pour moi il y a quelques semaines, ou je me suis rendu à Amsterdam pour assister à une conférence sur la blockchain et rencontrer d’autres membres de la communauté PIVX.

Les avantages de PIVX

Un peu de sérieux, on va rentrer dans le vif du sujet avec une liste des choses qui, à mon avis, rendent le PIVX techniquement supérieur à d’autres cryptomonnaies.

J’ai déjà présenté en longueur le fonctionnement du Proof of Work. Une innovation essentielle au succès du Bitcoin et l’avènement des cryptomonnaies ainsi que la technologie blockchain. J’ai aussi évoqué ses défauts. Eh bien en essence, le Proof of Stake fonctionne de la même manière.

Le Proof of Stake

À une différence majeure près : En PoS, on ne peut pas jouer sur le nonce. À la place, on utilise le temps UNIX, grévé des millisecondes et quelques secondes. Avec ce système, impossible de générer plus d’un haché toutes les quelques secondes. Ce qui élimine le besoin pour du matériel spécialisé. L’ordinateur le plus simple est en mesure de concourir avec les autres. Mais dans ce cas me direz vous, comment se fait-il que tout le monde ne génère pas un bloc au même moment ? La solution est assez futée : dans le calcul du haché on demande de prouver la détention d’une somme de la monnaie. Et une partie de cette preuve est utilisée dans le calcul du haché. Et pour ne pas encourager à créer des millions de preuves, on lui donne une valeur. La difficulté pour valider un bloc est inversement proportionnelle à la valeur de cette preuve.

Du même coup, on s’assure que le validateur n’a pas intérêt à tricher. En effet, plus il détient de la monnaie, plus il a de chances de valider, mais aussi plus il a à perdre en cas de chute de la valeur de celle ci. Il à donc tout intérêt à assurer son fonctionnement correct.

Je ne vais pas aller plus profond dans la technique, mais si le sujet vous interpelle, je vous conseille ces deux superbes articles (en anglais). Sachez aussi qu’il existe de nombreuses variations au protocole PoS et que je vous en ai présenté ici les grandes lignes telles que présentes dans PIVX.

Vous pouvez aussi vous renseigner sur certains des risques inhérents au PoS qui sont discutés/réfutés par là (en anglais encore).

Le système d’émission monétaire et le contrôle de l’inflation

Pour continuer je vais faire un petit point. PIVX est le nom de la monnaie, mais l’unité monétaire est le PIV. Et une des choses qui m’a interpellé avec PIVX, c’est son système de création des PIV. Vous vous souvenez qu’avec Bitcoin, chaque bloc génère quelques bitcoins. Et que le nombre est régulièrement divisé par deux. Jusque au moment ou 21.000.000 bitcoins seront sortis et pas un de plus ne sera créé.

Avec PIVX, chaque bloc créé 6 PIV. Pour toujours. Un point c’est tout. D’ailleurs il y a un bloc toutes les 60 secondes et pas 10 minutes. Ce qui offre un temps d’attente moyen plus bas pour la validation d’une transaction.

Ces 6 PIV sont divisés en 3 parties. L’une va au validateur du bloc, une autre va à un Maitre-Nœud (Masternode en version originale) et la dernière n’est pas créée mais réservée pour le budget. Je vais détailler les sommes ensuite.

En revanche, les frais de transactions ne sont pas collectés par les validateurs comme chez bitcoin. Ils sont détruits, brulés, envolés, FINITO ! Ce qui signifie que si les frais de transactions s’envolent et dépassent les 6 PIV par minute, le nombre de PIV diminuera. Et là, avec une forte activité économique, la déflation sera plus probable. Je vous laisse méditer là dessus avec vos théories économiques favorites.

La gouvernance et le budget

J’ai évoqué les Maitre-Nœud. Il s’agit de nœuds complets qui nécessitent de mettre 10.000 PIV de côté et d’être actif 24h/24 pour exister. L’avantage est clair, on a affaire à des nœuds solides et toujours en ligne qui permettent de partager la chaine de blocs et assurer la stabilité du réseau. En échange ils reçoivent deux récompenses : Comme dit plus haut, une partie de la création monétaire mais surtout, un droit de vote.

N’importe qui a la possibilité de créer une ligne de budget. On la soumet au réseau en payant 50 PIV (qui sont brulés). Et ensuite les Maitre-Nœud votent. À la fin du mois (enfin tout les 43200 blocs), les propositions sont classées par votes. La première reçoit la somme demandée, puis la seconde et ainsi de suite. Jusque à ce que toutes les propositions au dessus d’un seuil de votes soient payées (ou que le budget soit épuisé). Tout cela permet au système de s’auto-financer et de ne pas dépendre d’entreprises extérieures pour son développement.

L’option confidentielle

Le dernier avantage de PIVX que je tiens à vous présenter est sa confidentialité. Comme moi, vous savez que le bitcoin vise à nous libérer des banques. Mais à quoi bon si ils nous soumets à d’autres puissances ou au regard des criminels en ouvrant nos livres de comptes à tout les regards ? À quoi bon une monnaie si elle n’est pas fongible ? Si un bitcoin vaut moins qu’un autre, parce que l’un de ses précédents détenteurs est en prison ?

PIVX règle cette question en utilisant une version modifiée de la bibliothèque zerocoin, créée à l’origine comme extension pour le bitcoin. L’idée est simple (les mathématiques et la cryptographie en dessous nettement moins) : Il s’agit de bruler des PIV. Les supprimer totalement de la blockchain. En échange on reçoit une preuve de cette brûlure qui n’indique ni la date ni l’adresse d’origine. Cette preuve appelée zPIV peut-être consommée à tout moment pour générer le même nombre de PIV sur n’importe quelle adresse (la même ou une autre, la votre ou celle d’un vendeur). Et bien sûr ces preuves viennent sous différentes dénominations (1, 5, 10, 50, 100, 500,  1000 et 5000) que tout le monde utilise. Impossible donc de savoir d’où vient l’argent en regardant le montant. Un peu comme du cash en fait.

Très récemment une mise à jour a été déployée qui permet de faire du PoS et de la validation avec les zPIV. Cela permet d’une part de détenir tout vos PIV sous cette forme, donc en dehors de la chaîne, tout en validant. Il est alors impossible d’établir une liste des adresses les mieux dotées. Et ainsi plus difficile de retrouver les gens aisés et les attaquer comme ici.

Conclusion

Pour revenir un peu sur le budget, les validateurs de blocs donc, envoient 3 PIV au Maitre-Nœud lorsqu’ils travaillent en PIV, 2 lorsque ils utilisent les zPIV. 1 n’est pas créé et réservé pour le budget et donc les 2 ou 3 restants sont pour le validateur.

En passant

Au fait, les banques vont s’écrouler 😉

Note:

Je ne suis en aucun cas un conseiller financier. Tout ce que vous pouvez lire sur ce blog constitue uniquement mes opinions personnelles et je ne serait en aucun cas responsable pour vos choix d’investissement. Faites vos propres recherches.

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