Le guide du mec féministe 2019

Je me prétends féministe depuis quelques années maintenant. La plupart de mes proches le savent, ou s’en doutent. Mais quand certains le découvrent, ou quand je fais de nouvelles rencontres, des remarques reviennent fréquemment. « Mais t’es con ou quoi ? ». « T’es un mec et t’es féministe, c’est pas logique. », « Les féminazies elles nous cassent les couilles avec leurs délires. » etc. Et pourtant être féministe en 2019 c’est important. Et ce autant pour les mecs que pour les meufs.

Avant tout, c’est quoi le féminisme ? Il s’agit d’un vaste courant politique, pas nouveau, pas récent, qui prône l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est tout. Donc si vous pensez que les hommes et les femmes sont ou devraient être égaux, vous voilà féministe. Mais comme tout les courants politiques le féminisme a une histoire. Il est composé de mouvements variés, qui peuvent s’opposer les uns aux autres. Parce que l’égalité, tout le monde ne la voit pas de la même manière. Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire ici. Mais si ça vous intéresse Wikipédia est toujours une ressource sûre.

L’égalité est déjà là, le féminisme ne sert plus à rien.

Écarts de salaires femmes/hommes

Voilà la première remarque que l’on entend quand on se dit féministe. Divulgâchis : C’est faux. Oui, l’égalité est inscrite dans la loi. Oui la loi dit « A travail égal, salaire égal ». Mais ce n’est pas le cas :

On constate toujours un écart de rémunération selon le sexe. Le salaire net moyen des femmes est inférieur de 18% à celui des hommes, à 2 659 euros brut par mois. Chez les cadres, cet écart atteint même 19%. En revanche, il tombe à 13% chez les professions intermédiaires et à 8% chez les employés. 

Le journal du net

On peut aussi parler des 130 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2017 ou des 16% de femmes rapportant avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie (source Haut conseil à l’égalité).

Le problème

Mais alors quel est le problème si ce n’est pas la loi ? Le problème c’est l’organisation de notre société et la manière dont l’éducation et nos comportements essaient en permanence de nous forcer à rester à notre place (on appelle cela le patriarcat). Dès la naissance, on regarde le sexe biologique de l’enfant, et on lui attribue le genre correspondant. Si l’enfant nait sans sexe biologique bien défini (on dit qu’il est intersexe), alors on lui fait subir une mutilation pour pouvoir le placer dans une case.

Une fois le genre attribué, on va faire ce qu’il faut pour le construire. Aux garçons on mettra du bleu, on donnera des voitures pour jouer, on le poussera à être fort, à cacher ses larmes et ses sentiments, à parler fort. Bref, à s’imposer. Aux filles on mettra du rose, on leur demandera de ne pas faire trop de bruit, on fera des compliments sur leur beauté, on leur donnera des poupées et des dinettes pour qu’avant même qu’elles accèdent à la notion de choix, elles aient intégré leur place d’épouse, de mère et de ménagère. Voilà la racine du mal.

Mais n’allez pas croire que les parents sont seuls responsables. Nous le somme tous. Parce que pendant toute l’enfance, et particulièrement une fois arrivé.e.s à l’adolescence, nous contribuons à perpétuer des stéréotypes. Les garçons jouent au foot, mettant de côté les filles qui restent entre elles à discuter chiffons à la récré. Et tout.e gamin.e qui tente de refuser cette répartition se voit mis à l’écart et moqué.e à la fois par ses pairs et par les membres de l’autre groupe.

La construction de comportements genrés

Quel père n’a pas peur que sa fille rentre tard de soirée ? S’inquiète-t-on autant des garçons ? Quelle mère explique à son fils qu’il ne doit pas violer ? Pourtant on explique bien au filles qu’il faut faire attention à ne pas se faire violer. Mais sérieusement, qui est responsable ? On nous dit bien de ne pas frapper, de ne pas tuer.

Il y a tant à dire. Mais l’essentiel est ceci : Nous les hommes vivons différemment des femmes. Et nous n’avons aucune idée d’à quel point. Nous sommes dans l’incapacité complète d’imaginer à quoi ressemble le processus de pensé et la vie d’une femme.

Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas éduqués avec des contraintes, mais avec la notion que nous devons nous saisir de tout.

Que faire ?

C’est pour toutes ces raisons, et d’autres, que je suis féministe et que j’aide à continuer ce combat, commencé bien avant ma naissance. Voilà comment les hommes qui me lisent peuvent aider, participer, comprendre pour rendre le monde meilleur.

  1. Apprenez, lisez, renseignez vous.
  2. Écoutez les femmes. Ne leur coupez pas la paroles quand elles parlent de leur vie et de leur ressentis, elles savent mieux que vous. Ne leurs coupez pas la parole tout court, c’est malpoli.
  3. Essayez de vous mettre à leur place. Imaginez ce que ça peut-être de se faire toucher 40 fois par heure en boite de nuit. Par des inconnus et sans l’avoir demandé. Divulgâchis : ce n’est pas agréable. Recevoir des centaines, des milliers de messages identiques, sans imagination sur les sites de rencontre, de gens qui vous insultent ensuite parce qu’ils ne comprennent pas que vous croulez sous les sollicitation et n’avez pas le temps de répondre. Quand c’est gratuit, c’est vous le produit, et si les femmes ne payent ni en boite, ni sur ces sites c’est parce que leur expérience est bien moins agréable que celle des hommes. Essayez aussi de subir des remarques tout les dix mètres dans la rue.

Voilà, je vais m’arrêter là pour essayer de rester (relativement) court et efficace. Si vous appliquez ces trois conseils, vous aurez déjà fait un grand pas vers l’autre. Je vais aussi mettre une liste de lecture et des liens ci-dessous. Que j’éditerai et agrandirai avec le temps.

Liste de lecture

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